Le don d’organe chez les seniors

Publié le 25 février 2019 par Facilavi-TS

Qu’est-ce-que le don d’organe ?

Le don d’organe est un acte permettant à une personne (de son vivant ou après sa mort) de faire don de l’un, de plusieurs, ou de la totalité de ses organes.

  • Un donneur peut donner un organe de son vivant et peu importe son âge tant que l’organe est sain : par exemple, il peut donner un rein, de la moelle osseuse, un lobe de foie etc…
  • Un donneur peut également donner un organe vital après sa mort : le cœur, les poumons, le pancréas, les os, la peau, les intestins etc…

 

Le don d’organe en quelques chiffres : (2015)

  • En 2016, plus de 22 000 personnes étaient en attente de greffe
  • On estime que 57 000 personnes vivent grâce à un don d’organe
  • 90% des greffes proviennent de donneurs décédés
  • pucebleu en 10 ans (de 2006 à 2015) le nombre de greffes d’organes a augmenté de 35,2 %
  • Le pourcentage de refus de prélèvement reste assez élevé : 32.5% avec de grandes différences selon les régions
  • Augmentation du prélèvement d’organes de 6.9% de 2014 à 2015
  • Augmentation des greffes : +7% de 2014 à 2015
  • En moyenne : plus de 15 greffes par jour
  • En 10 ans (de 2006 à 2015) le nombre de greffes d’organes a augmenté de plus de 35%
  • Après les reins (3 486 greffes), ce sont le foie (1 355), le cœur (471), les poumons (345) et le pancréas (78) qui ont été le plus transplanté.

 

Que dit la loi par rapport au don d’organe ?

En France, depuis le 1er Janvier 2017, c’est le principe du consentement présumé qui a été choisi par rapport au don d’organe. Il n’existe donc pas de registre du « oui je suis donneur d’organe ».

La loi indique donc clairement que nous sommes tous donneurs d’organes sauf si nous avons exprimé de notre vivant notre refus.

Et si je ne souhaite pas donner mes organes & mes tissus après ma mort ?

Si vous ne souhaitez pas donner vos organes après votre décès, plusieurs solutions s’offrent à vous:

  • Vous inscrire au registre national des refus de dons d’organes
  • Attester de votre refus sur un document écrit, daté et signé et le confier à un proche (si vous n’êtes pas en capacité d’écrire, il vous faudra deux témoins afin qu’ils puissent attester que le document rédigé par une autre personne corresponde bien à vos souhaits.
  • Communiquer votre souhait de refuser le don d’organe auprès de vos proches qui devront en attester ensuite auprès de l’équipe médicale.

 

Un senior peut-il réellement donner ses organes ?

En général, les seniors ne se sentent pas concernés par la question. Beaucoup se disent que leurs organes doivent être trop vieux, qu’ils ne doivent plus être en bon état ou que leur maladie ou leur traitement doivent les empêcher d’être un bon donneur…

Et bien détrompez-vous! En 2013, l’âge moyen d’un donneur était de 56 ans. Et c’est un âge qui ne cesse d’augmenter depuis des années : par exemple dans les années 2000, l’âge moyen d’un donneur était de seulement 40 ans contre 50 en 2007…

Le receveur de la greffe d’organe est quant à lui âgé en moyenne de 50 ans.

En 2017, 3,6% des donneurs avaient 17 ans ou moins 26,2% de 18 à 49 ans, 28,9% de 50 à 64 ans et 41,3% plus de 65 ans.

Cependant, si vous êtes âgé de plus de 60 ans, il est vrai que votre cœur ne sera pas prélevé… seulement les autres organes, eux pourront l’être.

De plus, il n’y a pas beaucoup de conditions de santé nécessaires à remplir & les traitements et antécédents médicaux ne composent pas forcément un obstacle au don d’organes.

En réalité, les équipes médicales prélèvent de plus en plus de personnes âgées, certains on plus de 90 ans ! En Espagne, les prélèvements vont même jusqu’à 95 ans…

En parler avec mes proches : est-ce vraiment important ?

Parler à vos proches de votre souhait concernant le don d’organe est très important. En effet, il faut savoir qu’aujourd’hui, moins d’une personne sur 2 connait le souhait d’un proche. Cela a des conséquences dramatiques puisqu’une greffe possible sur trois est refusée alors que 3 Français sur 4 se déclarent favorables au don d’organes.

Il arrive souvent que le refus d’un prélèvement d’organe vienne des proches car ils n’ont pas eu la connaissance du choix de celui-ci…

Il est donc non seulement important de parler à votre entourage de votre souhait, mais également de vous informer sur le leur !

Comment leur en parler ?

Parce que parler du don d’organes et de tissus revient à parler de la mort, c’est un sujet difficile à aborder avec ses proches.

Si pour vous cela paraît difficile d’en parler, nous vous conseillons :

  • D’en parler pendant des circonstances qui peuvent amener naturellement au sujet ( par exemple : pendant un film, pendant une visite à l’hôpital, pendant un deuil, une greffe dans votre entourage, une actualité etc…
  • Employer des mots simples pour échanger sur le sujet avec vos proches
  • Faire preuve d’empathie et de compréhension

 

Quels sont les encadrements autour de cette pratique?

Au moment du prélèvement, l’acte chirurgical est très bien encadré. Pour pouvoir être réalisé, il faut répondre à 3 conditions :

  • Le donneur doit avoir une absence totale d’activité motrice spontanée
  • Le donneur doit également avoir une disparition totale des réflexes du tronc cérébral
  • Enfin, il devra avoir une absence de respiration spontanée

Autrement dit, aucun prélèvement ne sera fait si vous n’êtes mort.
L’équipe médicale s’assure dans tous les cas que toutes les incisions soient refermées proprement et que le corps soit remis en l’état (aucun coût ne sera demandé à la famille).

Vous pourrez garder votre anonymat puisqu’il n’existe aucun lien entre le donneur et sa famille & le receveur.

 

Je ne veux donner que certains organes après ma mort:

Si vous souhaitez ne donner que certains organes et tissus après votre mort, c’est possible.

Vous devrez vous inscrire sur le registre national des refus et y noter les organes et tissus dont vous ne voulez pas être prélevé.

Sinon, vous pouvez également le signifier par écrit sur un document que vous confierez à vos proches ou les en informer par voie orale.

 

J’ai ma carte de donneur d’organe, cela suffit-il?

Si vous avez votre carte de donneur d’organe, c’est bien. Cela vous permettra certainement d’aborder le sujet du don d’organe avec vos proches.

Cependant, vous devez savoir que cette carte n’a aucun valeur légale …

De plus, elle est rarement retrouvée par l’équipe médicale au moment du décès.

Au moment du décès, avant d’envisager le prélèvement des organes, l’équipe médicale va consulter le registre national des refus afin de savoir si le défunt y était inscrit ou non.

 

Si vous n’y êtes pas inscrit, l’équipe ira alors vérifier auprès de vos proches si vous aviez fait valoir un quelconque désaccord à l’écrit ou à l’oral.

 

 

Publié dans: L'accompagnement


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